Les Étaques
collectif d'édition indépendant


Jan Paremski & Bonaventure Rosa

Jan Paremski est travailleur social. Bonaventure Rosa enseigne l’histoire et la géographie. Leur démarche, poétique et politique, a croisé celle des Étaques en 2015. Ils ont choisi de raconter Lille-Sud et ses habitants.

ici la mer n’est plus

Lille-Sud n’a pas d’autre nom que celui d’une direction. Ce quartier pauvre de 23 000 habitants est une véritable enclave urbaine. Séparé de la ville par le périphérique, il est devenu le terrain de jeu des profiteurs immobiliers et des grands projets urbains.

Bonaventure Rosa et Jan Paremski sondent la mémoire du quartier et de ses habitants, retracent des trajectoires, sondent des espaces. Inspiré par des rencontres, des immersions et des témoignages, Ici la mer n’est plus nomme une réalité sociale qui façonne encore plusieurs générations.


Thomas B. Yahi

Lillois d’adoption, Thomas B. Yahi traîne ses guêtres dans les salles d’archives et les queues de cortège. Après avoir écrit une dizaine d’années dans la presse alternative, il signe ici son premier roman. Ce récit prend sa source dans le flot d’événements qui ont ponctué les années 2000, dont l’auteur est imprégné par son parcours.

sa gueule d’arabe

Le graffiti était autant la matière première que le produit de notre amitié. Sans cela, comment on serait devenus ces inséparables? Comment on aurait franchi les limites? Il avait grandi dans le Nord, moi dans le Sud. Il vivait dans un quartier pauvre, moi dans une ville plutôt cossue. Il n’avait pas le bac, moi si. Son père avait toujours été absent pour lui, le mien me mettait la pression pour que je fasse des études. Je suis Blanc, il portait sa « gueule d’Arabe ».

Ce premier roman de Thomas B. Yahi est un portrait fictionnel et politique de deux jeunesses lilloises dans les années 2000. Jeu de miroirs entre les trajectoires de Khalil et Bastien, cette histoire d’amitié témoigne des frontières que chacun des protagonistes tente, à sa façon, de transgresser. Jusqu’à leur séparation fatale, une nuit d’octobre 2005.


Antonio Delfini & Rafaël Snoriguzzi

Antonio Delfini et Rafaël Snoriguzzi se sont rencontrés dans l’équipe du journal de critique sociale La Brique.
Impliqué dans les luttes pour le droit au logement au sein de l’Atelier Populaire d’Urbanisme de Fives, Antonio Delfini a également contribué à la rédaction du livre Sociologie de Lille, paru aux éditions La Découverte (2017).

contre euralille

Une critique de l’utopie métropolitaine

Troisième quartier d’affaires de France, Euralille incarne l’arrivée de Lille dans le monde enchanté des métropoles européennes. Ce que l’on peut reprocher à ses promoteurs, ce n’est pas simplement d’avoir accouché d’un des complexes urbains les plus laids de son époque, mais d’avoir conçu une architecture oppressante, aboli les clivages politiques et transformé la ville en marchandise.

Par-delà l’histoire des politiques qui balafrent une ancienne terre ouvrière, Contre Euralille dresse le procès de l’utopie métropolitaine qui sévit aujourd’hui à Paris, Lyon, Marseille ou Toulouse, pour que les villes ne soient plus modelées par les flux économiques, mais par les pratiques de leurs habitants.


Julien Talpin

Julien Talpin est sociologue et chercheur au CNRS. Spécialiste de la politisation des quartiers populaires, il est notamment l’auteur de Community Organizing. De l’émeute à l’alliance des classes populaires aux États-Unis (Raisons d’Agir, 2016). Avec Marwan Mohammed, il a co-dirigé l’ouvrage Communautarisme ? (Presses Universitaires de France, 2018).

Bâillonner les quartiers

Comment le pouvoir réprime les mobilisations populaires

Pourquoi les quartiers populaires ne se révoltent-ils pas plus souvent ? Alors qu’ils sont ravagés depuis des décennies par un urbanisme au rabais, le chômage de masse et les humiliations policières, Julien Talpin explore les raisons pour lesquelles ces quartiers peinent à asseoir leurs intérêts. Il montre que les entraves aux mobilisations collectives tiennent moins à ce qui serait l’apathie fataliste des habitants qu’aux multiples tactiques répressives déployées par les pouvoirs publics.

Les différents chapitres décortiquent les logiques disciplinaires qui, sans avoir même besoin d’être coordonnées, garantissent le maintien du statu quo. À l’arrière-plan de la répression policière et judiciaire, se déploient quotidiennement le chantage clientélaire aux subventions, la disqualification islamophobe des opposants ou les piqures anesthésiantes de la démocratie participative.

En documentant la manière dont cette répression à bas bruit traverse les mobilisations contemporaines, ce livre en dégage la dimension systémique. Il place sous les projecteurs cette trappe à révolte qui fabrique la domestication politique, encourage l’autocensure collective et suscite la résignation individuelle. En livrant les recettes de l’adversaire, il veut contribuer au long chemin des luttes autonomes pour l’égalité.


Fabien Drouet

Fabien Drouet vit de petits boulots dans la région lyonnaise. Il publie régulièrement des textes dans des périodiques de poésie (Métèque, Chats de mars, Realpoetik) en même temps qu’il s’adonne à la musique (Antidaté). En 2016, il auto-édite un premier recueil autour de son parcours, intitulé Vive l’hôpital public. En 2017 et 2018, il fonde successivement deux revues poétiques qu’il anime toujours depuis : La Terrasse et 21 Minutes.

sortir d'ici

Entre ces pages, un homme se raconte et se livre. Son écriture est autant le baromètre de la pression exercée par son psychisme, que celle de la violence sociale croisée dans la rue et les cafés, qu’il fréquente assidûment. De ces oscillations existentielles imprévisibles et ces rencontres où la poésie s’immisce, l’auteur rapporte une écriture singulière, une prose fragile et ciselée, des vers libres d’une douceur seulement apparente.

Fabien Drouet nous offre ainsi des moments suspendus : « Je m’annule doucement », « Le triomphe est aux lâches », « Je ne suis pas juste parce que je ne suis pas mort ». Reste la sublimation des mots pour inventorier les rêves, distiller la beauté des instants, transcender les absences, chercher la poésie non pas dans une rime mais dans des lieux, des moments.


Antonin Richard

Avec un BTS en audiovisuel et une licence de journalisme en poche, Antonin Richard ne se destinait pas à devenir marin-sauveteur. C’est au contact du film documentaire qu’il stimule sa conscience politique et son besoin d’agir. Il collabore avec la coopérative « Les Mutins de Pangée », participe à la réédition d’« Afrique 50 » de René Vautier (premier film anticolonialiste français), au montage d’« Une histoire populaire des États-Unis » d’Olivier Azam et Daniel Mermet, et au tournage de « Merci Patron ! » de François Ruffin.
Antonin adhère au « cinéma d’intervention sociale » pensé par René Vautier, qui implique « d’ agir sur le développement du réel, jusqu’à le transformer ». Dans cet esprit et avec le collectif de femmes gens du voyage d’Hellemmes-Ronchin, il réalise le documentaire « Nos poumons c’est du béton » qui dénonce leurs conditions de vie sur un terrain de la métropole lilloise.
En 2016, Antonin lâche sa caméra et part à Lesbos avec les activistes de Greenpeace pour participer aux opérations de sauvetage en mer. Il rejoint l’équipe de sauvetage de Médecins sans frontières, puis embarque comme marin-sauveteur sur plusieurs navires d’ONG (Sea-Watch, MSF, SOS Méditerranée) au large de la Libye. Il concourt à la préparation technique de l’Ocean Viking en 2019 et, plus récemment, à celle du Louise Michel en 2020.

Ce matin la mer est calme

Journal d’un marin-sauveteur en Méditerranée

La mer est un miroir que seule notre étrave vient troubler. Le ciel est voilé, mais la lumière est forte. L’atmosphère d’un gris métallique. Nous sommes en route vers notre dernier sauvetage avant de remonter vers le nord. Je suis tendu, ma tête se remplit de tous les « et si… » que je peux imaginer après les jours que nous avons vécus. Nous mettons les canots rapides à l’eau. À notre approche, la tension est palpable, les gens nous demandent si nous sommes de la police. On dégaine le speech habituel – « nous sommes ici pour vous aider ». Nos « invités » sont pleins de vie, et sans le savoir ils rallument notre motivation. Dans l’équipage, certains disent que ce n’est pas nous qui les avons sauvés, mais eux qui nous sauvent.

Par le récit de ses expériences du sauvetage en Méditerranée, Antonin Richard nous embarque là où la démagogie des politiques européennes fusionne avec la police des régimes dictatoriaux. Là, aussi, où celles et ceux qui font vivre la camaraderie marine apprivoisent quotidiennement la mer – et s’activent pour laisser aux personnes qui migrent le droit de se donner un présent et un avenir.


Caroline Cranskens

Caroline Cranskens est l’autrice des recueils Devant la machine (2013) et Gypsy Blues (2014) parus aux éditions Les Venterniers et du recueil Le Trou derrière la tête (2017) aux éditions À Verse. Elle a également signé Passage à l’acte dans le livre-film Arabat publié en 2019 aux éditions isabelle sauvage.

FOND D’ŒIL

«Ce qui sonne à l’oreille

C’est l’effroyable inscription

De ton corps

Dans la mâchoire-machine

D’un monde inexistant»

Fond d’œil
décrit un monde qui s’éteint. Au travers de visions fantastiques où toutes les couleurs explosent et disparaissent dans le noir. Dans la veine des triptyques de Jérôme Bosch, de l’art de rue et du spoken word, cette écriture ouverte au regard remue les entrailles et érafle les murs. Au-delà du geste esthétique et politique, c’est un cri primal de femme qui tonne.

Caroline Cranskens écrit pour sortir de l’ombre et prendre corps. Pour « en finir avec le miroir blanc ». Elle se confronte à la langue, à ses lois et à ses geôliers. D’abord en dévissant les « mots morts ». Ensuite en se réappropriant les sons et les lettres. En laissant vivre, enfin, une langue viscérale, une langue rasoir, une langue barbare. L’autrice creuse le socle déjà fendu du langage du pouvoir et de l’ordre, masculin et sécuritaire. Dans les failles, elle injecte les « mots fureur » d’une poésie rageuse et libre où « tout est plus au bord ».


Journal La Brique

La Brique est un journal lillois militant créé en 2007, autofinancé et géré horizontalement, qui défend une vision du journalisme contre celle des médias dominants. Son collectif revendique la lutte contre toutes les formes de dominations, et le combat contre l’envahissement de nos espaces par le capital. Son ambition est de fournir un contenu solide et de qualité à l’élaboration d’une critique sociale et contre-culturelle. Le journal paraît environ tous les trois mois et est uniquement réalisé par des bénévoles militant.es.

Sans pub & sans pitié

Chroniques de La Brique, journal libre et indépendant à Lille

À l’ombre de la médiocrité de la presse quotidienne régionale, poussent des journaux alternatifs souvent méconnus du grand public. Face à des entreprises de presse plus intéressées par le profit que par l’information, ces titres revendiquent une liberté éditoriale, leur indépendance financière et se distinguent souvent par une organisation horizontale et une réflexion forte sur la pratique d’écriture journalistique.
Leur format navigue entre celui d’une revue ou d’un journal et leur périodicité va d’une sortie mensuelle à une sortie annuelle. Leur équilibre financier ne repose que sur leurs abonnés et leurs ventes directes et en kiosques. Tous proposent une autre manière de réfléchir le monde, de faire de la politique ensemble, et critiquent fortement les discours des médias dominants.
Ce livre est une plongée non-exhaustive dans le travail collectif du journal lillois La Brique, qui défie depuis plusieurs années La Voix du Nord et le pouvoir socialiste implanté dans la métropole nordiste, revendiquant une presse libre « sans pub et sans pitié ».


Julia Galaski

Diplômée de sciences politiques, Julia Galaski travaille dans le secteur socio-culturel bruxellois et milite dans différents collectifs pour la défense des droits humains et la justice sociale.

le passeport

« Cela fait plus d’un an que j’ai le passeport israélien. Il y a un an, j’étais sûre de le rendre. Mais on ne rend pas un passeport parce qu’on s’indigne d’une ligne politique, même si elle se durcit, qu’elle va à l’encontre de nos valeurs, de nos convictions, qu’elle suscite la haine, qu’elle attise les tensions jusqu’au sein de sa propre famille. Ce passeport, je ne l’ai pas choisi. Pas plus que le passeport français ou allemand, qu’il ne me viendrait pas à l’esprit de rendre. Je ne sais quoi en faire, de ce papier, de cette idée même de nation, qui nous assigne à un territoire, à une identité, à un récit national. Mais que je le veuille ou non, ce passeport façonne mon rapport aux frontières, à l’histoire, à l’autre, à son regard. »

Née à Bruxelles d’un père franco-israélien et d’une mère allemande, la narratrice part au Proche-Orient puis au Maghreb pour suivre les traces de son histoire paternelle. L’obtention inattendue d’un passeport israélien bouleverse ses aspirations. Comment assumer la nationalité d’un pays en guerre qui suscite l’hostilité de ses amis ? Comment ce passeport affecte-t-il son rapport au monde et aux autres ? De Jérusalem à Ramallah, du Caire à Alger, de Rabat à Paris, Le Passeport interroge notre relation à l’Histoire et aux frontières, aux langues et aux mémoires, aux identités nationales et aux liens familiaux. Ce récit d’apprentissage questionne notre manière d’habiter le monde, de le penser et d’y agir.


Aboubakar Soumahoro

Arrivé de Côte d’Ivoire à l’âge de 19 ans, Aboubakar Soumahoro est devenu un acteur politique de premier plan du paysage politique italien. Il compte parmi les fondateurs de la Coalition internationale des Sans-Papiers et des Migrants.

L’humanité en révolte

Notre lutte pour le travail et le droit au bonheur

« Nous voulions ramasser des panneaux et des plaques de tôle inutilisés et abandonnés pour arranger notre maison dans le campement. Alors que Sacko et moi étions sur le toit de la structure en train de démonter des panneaux, j’ai entendu un coup de fusil qui nous a alertés et nous a fait descendre immédiatement. Ayant identifié la provenance du coup de feu, j’ai remarqué un homme au loin, en hauteur, qui nous observait, son fusil pointé vers nous. »

Dans cet essai mêlant réflexions politiques et récit biographique, Aboubakar Soumahoro analyse l’époque depuis son expérience de travailleur agricole immigré dans le sud de l’Italie. Alors que l’emploi est de plus en plus précaire, les travailleurs migrant-es apparaissent comme les plus vulnérables. L’auteur nous invite à voir les luttes des personnes immigrées avec leurs spécificités, mais surtout à les envisager comme faisant partie d’une lutte globale contre toutes les formes d’oppression, à la croisée des questions de classe, de race et de genre. Contre une vision racialisante du monde qui rabaissent la dignité de celles et ceux qui ne sont perçus que comme des « migrants », il invoque Albert Camus pour promouvoir un « droit au bonheur » à la portée universelle.


Antoine Guironnet

Antoine Guironnet est chercheur au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po. Spécialiste de la financiarisation du capitalisme urbain, il a notamment participé à l’ouvrage collectif Le Capital dans la cité. Une encyclopédie critique de la ville paru aux éditions Amsterdam (2020).

AU MARCHÉ DES MÉTROPOLES

Enquête sur le pouvoir urbain de la finance

Chaque année, le gratin de l’urbanisme se réunit à Cannes pour le plus grand salon immobilier au monde. Quelques mois avant les stars de cinéma, promoteurs anglais, fonds de pension américains, architectes japonais et élus des métropoles françaises foulent les marches du Palais des festivals.

Mais à l’image du marché qu’il incarne, le salon déroule avant tout le tapis rouge aux grands investisseurs pour qui l’immobilier n’est qu’un placement financier. En nous plongeant dans les allées et les coulisses du Marché international des professionnels de l’immobilier (MIPIM), Au marché des métropoles donne à voir comment la financiarisation de la ville se joue à travers « l’accréditation » des territoires par les investisseurs.

Cette enquête menée entre Cannes, Paris, Londres et Lyon dévoile le rôle de la finance dans la transformation de pans entiers de nos villes. Elle constitue une contribution inédite à la critique des rouages par lesquels le capital étend son pouvoir sur nos vies quotidiennes.


Lë Agary

Furtif le jour, subreptice la nuit, Lë Agary écrit surtout le matin en écoutant du gros son. Il faudra faire avec nous est son premier roman.

Il faudra faire avec nous

« Nous ne sommes que deux, il surveille mes arrières, je n’ai pas retenu son prénom, c’est mieux comme ça. Les lames du coupe-boulon s’enfoncent dans le caoutchouc avec une facilité encourageante. Il y a cinq pistolets par numéro de pompe, il y a dix numéros, j’ai calculé, je suis ici pour au moins huit minutes sa mère. Le foulard ne tient pas, je n’ai pas le temps de l’ajuster, je compte sur la visière de la casquette et la tête penchée. C’est long huit minutes quand un truc en toi te dit de fuir dès la première seconde. Mes oreilles sont dressées, s’il siffle je décampe vers la déchetterie, un vélo m’attend de l’autre côté. »

Il faudra faire avec nous est un manuel de sabotage déguisé en roman ou, plutôt, un roman déguisé en manuel de sabotage. Il nous embarque dans les pas et les pensées d’une activiste qui, chaque jour, lutte sur de nombreux fronts pour renverser un monde personnifié par Franck. Un jour trader, le lendemain vigile, préfet ou simple troufion au tonfa, celui-ci incarne le cynisme du capitalisme et la violence de son service d’ordre. En miroir de la répression étatique, Lë Agary nous plonge dans l’enthousiasme tenace de la révolte contre les injustices et ceux qui les provoquent. Face aux clichés médiatiques qui disqualifient les actions militantes, Il faudra faire avec nous restitue la généreuse spontanéité de celles et ceux qui désirent tout à la fois bousculer l’ordre social et constituer des collectifs audacieux.


Les oubliés d'Urbain Vitry

Les oubliés d'Urbain Vitry sont un amalgame de trois expériences d'une même ville et de l'envie de ne pas laisser les choses en ordre.

Effacements

Histoires toulousaines

Si l'art de policer une ville possède une longue histoire, il connaît aujourd'hui un certain raffinement : il y a mille moyens de tenir la rue propre et bien ordonnée. De l'interdiction d'un marché populaire en centre-ville aux politiques de réfection de la voirie, en passant par la répression des Gilets jaunes et la lutte contre les graffitis, une même bataille se répète, inlassablement : faire plier les corps réfractaires, radier leurs mots, invisibiliser les présences indésirables, gommer leurs gestes et leurs traces. En dessinant ce que la métropole cherche à effacer, ce livre en dresse une critique au ras du sol - et esquisse, en creux, ce qui tente de lui résister.